Définir un sujet : l’angle

Lorsqu’un journaliste choisit de traiter un sujet, il sait qu’il ne pourra pas en aborder tous les aspects. Il doit donc définir son angle : quel aspect du sujet va-t-il traiter ?

Afin de définir l’angle de l’article, le journaliste doit privilégier ce qui est nouveau, inattendu, inédit. Il doit également sélectionner les informations selon l’intérêt qu’elles présentent pour le lecteur en se référant, notamment aux lois de proximité.

Choisir un angle précis, c’est se prémunir deux fois. Cela permet d’éviter les généralités et de vouloir tout dire sur un sujet. Un papier qui voudrait trop en dire risque de ne plus rien dire du tout. « La définition de l’angle, c’est la garantie de la rigueur » (L’angle journalistique, Usages identitaires d’une technique et d’un concept en journalisme local, Pierre Yacger).

LES LOIS DE PROXIMITÉ

Quel que soit le journal, les faits qui intéressent certains lecteurs n’intéressent pas forcément les autres. La hiérarchie de l’information a donc des contours fluctuants. Elle n’est pas la même suivant les journaux.

Afin de rédiger du contenu utile et satisfaisant pour son lectorat, le journaliste applique un ensemble de critères pour sélectionner l’information à traiter selon sa proximité par rapport au lecteur et par conséquent l’intérêt qu’elle est susceptible de présenter pour lui.


Proximité géographique. Le lecteur s’intéresse (plutôt) davantage à ce qui se passe près de chez lui ou dans un endroit qu’il connaît. Par exemple, un journal de la presse quotidienne régionale choisira souvent de mettre en « Une » une information se passant dans le secteur couvert par le journal.
La loi du « mort-kilomètre ». Elle est la conséquence de la loi de proximité géographique. C’est une règle de journalisme qui veut qu’on parle davantage d’un mort dans la ville d’à côté que de 10 morts à l’autre bout du monde.


Proximité temporelle. L’information se périme très vite. Un événement récent sera souvent privilégié à un plus ancien. L’information doit aller vite et, avec Internet, la vitesse s’est encore accélérée.
Attention, cette forme d’urgence se fait au détriment de la vérification.


Proximité psycho-affective. Il faut que l’information évoque ce qui préoccupe le lecteur : mort, santé, famille, sentiments…


Proximité socio-professionnelle. Les informations varient en fonction de l’âge, du métier ou encore des loisirs du lecteur. Cela nécessite de bien connaître son lectorat et ses attentes.

Une fois le sujet circonscrit, il faut choisir un point de vue pour l’observer, puis rendre compte de ses observations. Ce choix n’est pas neutre. Il dépend de multiples facteurs, liés au contexte. Angler un papier, c’est d’abord poser une (bonne) question dans un contexte donné, en termes de moments, de valeurs et de lectorats. Le savoir-faire du journaliste se fonde d’abord sur la formulation d’une bonne question.


Informer, c’est choisir quoi dire et comment le dire. Définir l’angle permet d’opérer une sélection de l’information. Définir un angle se résume à trois choix :

  • Choisir un point de vue original
  • Choisir le traitement le plus efficace
  • Choisir le plus « faisable » en fonction des sources, du temps, des moyens,

Ces trois points sont liés :

  • L’originalité consiste à trouver un plus, un angle inédit, jamais ou peu traité, pour susciter l’intérêt et éveiller la curiosité du lecteur (pour ce faire, on pourra appliquer les «lois de proximité ») ;
  • L’efficacité consiste à traduire le ou les anges originaux en genres journalistiques, en une longueur d’article, et en angles complémentaires (encadrés) ou en traitant le sujet en plusieurs papiers.
  • La faisabilité doit être étudiée avant la même les premières recherches. Il s’agit de mesurer si l’on dispose des sources, du temps et des moyens nécessaires pour traiter le sujet sous l’angle choisi.

Définir un angle revient à poser une question principale. Tenir l’angle évite de s’éloigner de la réponse à lui apporter. Fil conducteur du papier, l’angle apparaît clairement au lecteur s’il a été clairement posé et respecté.

On choisit de rédiger un article et on définit un angle selon la nouveauté que le sujet apporte au sujet, l’intérêt qu’il revêt (pour le lecteur, d’abord, pour la communauté, ensuite) et l’originalité qu’il présente. Le lecteur opère (souvent) la sélection de ses lectures selon les mêmes critères. Aussi ne faudrait-il pas qu’à la fin d’un article, il en vienne à se demander pourquoi il l’a lu. Au contraire, il devra trouver réponse à la question que le journaliste a soulevée pour lui.

Mémento

  • Un angle = un seul papier. Et réciproquement, un papier = un seul angle.
  • L’angle varie selon le degré : resserré, large, décalé…
  • A un angle correspond plusieurs messages essentiels hiérarchisés.
  • Le titre, accroche, attaque, indique l’angle, le message essentiel et le genre de traitement du papier.
  • Un angle peut faire l’objet de plusieurs papiers, traités «multi-angles».

Lorsqu’un journaliste choisit de traiter un sujet, il sait qu’il ne pourra pas en aborder tous les aspects. Il doit donc définir son angle : quel aspect du sujet va-t-il traiter ?


Afin de définir l’angle de l’article, le journaliste doit privilégier ce qui est nouveau, inattendu, inédit. Il doit également sélectionner les informations selon l’intérêt qu’elles présentent pour le lecteur (lois de proximité).

Une fois le sujet déterminé, on peut en mesurer l’intérêt selon différents critères :

  • La nouveauté ;
  • La proximité ;
  • L’insolite ;
  • L’exclusivité ;
  • Le renseignement utile, pratique ;
  • Le vécu, l’expérience (être allé sur le terrain).

Afin de traiter le sujet choisi, il est impératif de définir un angle. L’angle est un point de vue : c’est la façon dont le journaliste choisit d’aborder et de parler du sujet. Un (bon) angle peut être résumé par une question principale : toutes les informations contenues dans ton article apporteront un élément de réponse.

Définir l’angle permet de sélectionner l’information et se résume à trois choix :

  • Choisir un point de vue original : l’originalité consiste à trouver un plus, un angle inédit, jamais ou peu traité, pour susciter l’intérêt et éveiller la curiosité du lecteur. Pour ce faire, on pourra appliquer les « lois de proximité ».
  • Choisir le traitement le plus efficace : l’efficacité consiste à traduire le ou les angles originaux en genres journalistiques, en une longueur d’article et en angles complémentaires (encadrés) ou en traitant le sujet en plusieurs papiers.
  • Choisir le plus « faisable » : la faisabilité doit être étudiée avant la même les premières recherches. Il s’agit de mesurer si l’on dispose des sources, du temps et des moyens nécessaires pour traiter le sujet sous l’angle choisi.

Exemple

Sujet : La rentrée universitaire

  • Angle 1 : Qui sont les nouveaux étudiants ? Origines géographiques (données statistiques) et parcours lycéens.
  • Angle 2 : Vie pratique : logements, transports et vie étudiante
  • Angle 3 : Portrait d’un étudiant qui fait sa première rentrée universitaire.

Mémento

  • Un angle = un seul papier. Et réciproquement, un papier = un seul angle.
  • L’angle varie selon le degré : resserré, large, décalé…
  • A un angle correspond plusieurs messages essentiels hiérarchisés.
  • Le titre, accroche, attaque, indique l’angle, le message essentiel et le genre de traitement du papier.
  • Un angle peut faire l’objet de plusieurs papiers, traités «multi-angles».

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