Petit précis de mise en page

Les règles qui s’appliquent sont celles de la composition picturale et architecturale.

Mettre en page, c’est mettre en valeur la production rédactionnelle. Les règles qui s’appliquent sont celles de la composition picturale. Chaque page du journal doit être conçue comme un tableau : il s’agit d’assembler, autour d’un motif principal, des motifs secondaires hiérarchisés. L’ensemble doit être clair, lisible et esthétique.

Glossaire

Charte graphique
Ensemble des règles qui fixent l’aspect graphique du journal : les types de caractères pour le texte, pour les titres…, l’utilisation des couleurs, l’usage des signes graphiques, la mise en page… C’est tout cela qui va créer la personnalité du journal.

Gabarit
Document qui représente la page du journal au format ou en réduction et sur lequel se trouvent tracés le colonnage, les lignes, et parfois les différents éléments récurrents (titre courant, filet d’encadrement…). C’est sur ce gabarit que l’on va composer la maquette.

Monstre
Première ébauche, crayonnée, de la disposition des textes et des illustrations dans une page.

Maquette
Document à partir duquel s’effectue la mise en page définitive. Par extension, a désigné l’assemblage des différents textes et graphiques sous forme de films lorsqu’on réalisait la mise en page sur table lumineuse.


Une page bien composée est une oeuvre dont la composition géométrique dégage, au premier coup d’oeil, une impression d’équilibre et d’harmonie (d’après La mise en page, 24 h dans une rédaction).

Un double équilibre à trouver

Un équilibre général, dans la page, entre le blanc et le noir, entre la surface blanche laissée au papier et la surface noire de la masse des écrits. S’il y a trop de blanc, il n’y a pas assez de choses à lire. S’il y a trop de noir, les choses, trop compactes, deviennent difficiles à lire.

  • Rapport serré : 3/4 de noir, 1/4 de blanc.
  • Rapport idéal : 2/3 de noir, 1/3 de blanc.
  • Rapport artistique : 3/8 de blanc, 5/8 de noir.

Un équilibre particulier, à l’intérieur de la masse noire, d’une part entre le motif principal et les motifs secondaires, d’autre part, entre les différents motifs secondaires. La prééminence du motif principal ne doit ni écraser ni éclipser les autres motifs.

L’architecte de la page résout ce problème en agissant :

  • sur les marges de la page tout autour de la surface imprimée,
  • sur le nombre et la largeur des colonnes de la page,
  • sur les polices de caractère disponibles pour la composition des textes,
  • sur la force des caractères typographiques utilisés pour chaque article et pour chaque titre,
  • sur la longueur des lignes,
  • sur les espaces entre les mots, entre les lignes et entre les colonnes.

La mise en valeur du sujet principal

Le centre d’intérêt de chaque page, son coeur de lecture, son focus, c’est le sujet principal. Il n’y a qu’un seul sujet principal par page. Il occupe la place d’honneur : la tête de page. Il bénéficie du plus gros titre.

La répartition des autres textes dans la page est déterminée par son format, la force de son titre, son éventuelle illustration. La prééminence du motif principal ne doit ni écraser ni éclipser les autres articles qui ont aussi, séparément, beaucoup d’importance.

Rechercher les proportions harmoniques

L’art architectural de la mise en page s’inspire des proportions harmoniques en usage dans les autres arts.

A gauche : les trois règles d’or les plus courantes à l’époque du plomb =3:4 – 1:4 / 2:3 – 1:3 / 5:8 – 3:8 ;
à droite : principe de calcul de la régle d’or des 3:8 – 5:8 pour un format traditionnel A4.

L’harmonie typographique évite les effets de symétrie en utilisant la clé 4 – 2 – 1 : quand le sujet principal bénéficie d’un titre de 4 colonnes en haut de page, l’usage commande qu’il n’y ait, parmi les autres titres dans la même page, aucun 3 col qui puisse lui porter ombrage. En revanche, il peut y avoir, dans le corps de la page, plusieurs titres sur 2 col ou 1 col.

L’harmonie typographique évite le brouillage visuel en utilisant la clé 6 – 3 – 2 : quand le sujet principal bénéficie d’un titre sur 6 colonnes en haut de page, l’usage commande que parmi les autres titres il n’y ait, dans la même page, qu’un seul 3 col, de préférence centré en bas de page, alors qu’il peut y avoir, dans le corps de la page, plusieurs titres sur 2 col.


Une clé : le nombre d’or

Adaptées aux prémices de l’affichage de l’information, les mises en pages traditionnelles reposent sur une certaine utilisation du nombre d’or.

La meilleure façon de proportionner une page avec harmonie consiste à diviser cette page en quatre espaces en utilisant une clé mathématique antique : le nombre d’or (arrondi à 1,618). Le calcul, quelles que soient les dimensions de la page (rectangle ABCD) :

On divise la largeur (L) de la page par le nombre d’or : L : 1,618 = x
On soustrait le produit de cette division de la largeur (L) : L – x = y
On reporte la mesure « y » obtenue sur la largeur supérieure AB du rectangle, en opérant, de préférence, à partir de l’angle supérieur droit B du rectangle.
Cette mesure « y » indique l’emplacement d’un point P1 sur la largeur AB du rectangle. A partir de P1, on trace une ligne verticale qui divise la page en deux parties inégales mais proportionnées par le nombre d’or.

On procède de la même façon avec la hauteur (H) de la page jusqu’à diviser la page à l’horizontale à partir d’un point P2, mesuré à partir de l’angle (C) inférieur droit du rectangle.

La page est ainsi décomposée en quatre surfaces rectangulaires différentes formant un ensemble aux proportions harmoniques combinant simplicité, clarté, diversité. Chacune de ces surfaces peut être subdivisée, au besoin, en utilisant le même calcul.

Le rapport H / L répond idéalement au nombre d’or.

Cette trame idéale permet de nombreux ajustements, dans le sens vertical ou horizontal, y compris les ruptures en « escalier » dans les colonnes et le positionnement d’articles à cheval entre deux surfaces.


Pense-bête

  • Attention au choix des caractères. Trop de diversité typographique fatigue l’oeil qui lit. S’en tenir à deux polices : un caractère à patin, type Times, pour les textes, un caractère droit, sans patin, type Helvetica, pour les titres et sous-titres.
    Jouer sur les maigres, les gras et les italiques selon les genres.
  • Attention au contenu des chapôs. Le chapô d’un article n’est jamais le début de l’article. Cette préface courte introduit l’article « chapeauté » et incite à sa lecture, sans déflorer son contenu.
  • Attention aux « tournes ». On n’interrompt pas un texte n’importe où, surtout pas au milieu d’une phrase, même s’il s’agit d’un texte de Une, quand la suite est à lire plusieurs pages plus loin. Les tournes ne doivent pas nuire à la fluidité de lecture.

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