Des bruits et des odeurs : le reportage

Genre journalistique dit « noble », le reportage est un idéal journalistique. Il réalise la synthèse de tous les autres genres journalistiques, à supposer que la forme et le fond s’harmonisent autour d’un (bon) sujet. L’exercice requiert la maîtrise de l’ensemble des techniques rédactionnelles.

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En moyenne, selon les formats (4/4, 1/2 et 1/4), l’usine Kerlys produit 300 boîtes de macédoine à la minute. (©Le Télégramme/Nicolas Rousseau)

Le reportage est la forme informative optimale. C’est un récit complété par la description des faits rapportés. Cette description ajoute à l’exposé des détails tout ce qui les caractérise : couleurs, sons, émotions, témoignages, scènes de vie, scènes de mort, etc. Le reportage donne à voir. En voici quelques clés.

Visite d’usine : Kerlys ouvre sa boîte

Installée à Locoal-Mendon, l’usine Kerlys ouvre ses portes au public le 7 novembre, dans le cadre d’une opération « transparence » du groupement Les Mousquetaires. L’unité de production fabrique 60 000 tonnes de légumes par an, en conserves et en bocaux.

Passée la taille minutieuse des légumes, dresser une macédoine peut paraître simple. La recette se complique quand vous l’assemblez par centaines de tonnes, à raison de 300 boîtes de conserve à la minute en moyenne, selon les formats (4/4, 1/2 et 1/4). Telle est la cadence moyenne à laquelle sont soumis carottes, navets, petits pois, haricots verts et flageolets qui composent la recette produite au sein de l’usine Kerlys, sous la marque Intermarché Saint-Éloi, notamment.

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Implantée à Locoal-Mendon, l’usine Kerlys ouvre ses portes au public le 7 novembre. (©Le Télégramme/Nicolas Rousseau)

Installée à Locoal-Mendon, l’usine ouvre ses portes au public le jeudi 7 novembre. Sur inscription préalable, quelque 120 visiteurs pourront découvrir cette unité de production de conserves de légumes. L’une des 62 appartenant à Agromousquetaires, pôle producteur des Mousquetaires. Baptisée « Usines ouvertes », l’opération « répond à une nécessité de transparence vis-à-vis des consommateurs, soucieux de la naturalité de ce qu’ils consomment et de la proximité des lieux de production », explique Patrick Le Solliec, directeur du site locoalais.

60 000 tonnes de légumes par an

Fondée en 1890, la conserverie passe du poisson, sa spécialité, aux légumes après son transfert à Locoal-Mendon en 1976. Aujourd’hui, l’usine produit 60 000 tonnes de légumes par an, des conserves et des bocaux de légumes conventionnels, bios et cuisinés. « Les approvisionnements sont locaux, à 60 % issus des territoires bretons et à 80 % du Grand Ouest, donc à proximité du site ». Le directeur de Kerlys insiste sur ces circuits très courts d’approvisionnement : « Entre la récolte et l’emboîtage, il se passe en moyenne de quatre à six heures ».

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Gaëlle Le Port Chales, responsable qualité et R&D, dans le laboratoire de contrôle où sont analysées les carottes après leur déchargement. (©Le Télégramme/Nicolas Rousseau)

Fabrication, emboîtage, étiquetage : le site de Locoal-Mendon emploie environ 145 permanents et jusqu’à 220 lors des pics de production, selon les saisons. Pour la macédoine, par exemple, les petits pois ont été travaillés au printemps, les haricots verts et flageolets au cours de l’été. Les carottes et navets le sont actuellement. Kerlys procède donc à un assemblage de deux produits frais et de trois surgelés par des entreprises extérieures, puis stockés jusqu’au mélange définitif avant emboîtage.

« De l’eau, du sel, des légumes, aucun conservateur : il n’y a rien de plus simple qu’une conserve », établit Gaëlle Le Port Chales, responsable qualité et R&D au sein de Kerlys. La stérilisation en revanche est un processus complexe. Une étape cruciale « qui relève de notre expertise », ajoute-t-elle.

Valorisation des déchets

Pour répondre à la demande des consommateurs, 10 % de la production est certifiée bio. Kerlys développe également des produits Haute Valeur Environnementale (HVE), contenant au moins 95 % de matières premières issues d’exploitations agricoles labellisées, et sans résidus de pesticides.

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Pour sa macédoine, Kerlys procède à un assemblage de deux produits frais et trois surgelés après leur production. (©Le Télégramme/Nicolas Rousseau)

Pelures de carottes ou queues de haricots verts, chaque légume travaillé génère des déchets dont Kerlys assure la valorisation. Les déchets « crus » sont notamment destinés à l’alimentation animale, ceux « cuits » sont transformés en compost. En outre, l’eau utilisée au cours du cycle de nettoyage des produits est ensuite épandue sur les prairies. Rien ne se perd, tout se transforme, comme les légumes en macédoine.


Les fondamentaux

Originalité. Pour capter l’attention, il faut une histoire originale à raconter. La première chose est donc de trouver « la » bonne idée, celle que les autres journalistes n’auront pas. On la trouve parfois en cherchant à contre-courant.

Documentation. Pour bien comprendre ce que l’on va voir et tenter ensuite de le relater, il faut avoir une idée, au moins petite, de ce qui vous attend une fois en terrain inconnu. Se documenter sur le sujet est un impératif.

Angle. L’angle définit la façon dont le journaliste va traiter son sujet, en dégageant le message essentiel qu’il a retenu. L’angle est donc un message que l’on veut faire passer sur une problématique, une information donnée.

L’angle évite au reportage de devenir le « fourre-tout » où l’on tente de (mal) raconter la totalité de ce que l’on a vu. Noyer son lecteur dans un amas d’informations est l’assurance de le perdre. Définir un angle permet de faire ressortir le point fort de ce qui s’est passé. C’est un choix éditorial, une prise de position par rapport à l’événement à traiter.


Rencontres

Pour raconter, il faut rencontrer. Pour mieux rapporter les événements et leurs acteurs, il est impératif d’y aller. Faire parler les gens et (bien) les écouter permet de repérer les plus bavards, les plus truculents, les plus importants, mais aussi les discrets et les silencieux, parfois bien plus éloquents. Un bon reportage s’incarne dans des personnages forts et s’exprime dans des paroles lourdes de sens.

Chaque rencontre, chaque conversation, chaque entretiendonne lieu à une minutieuse prise de notes (et/ou d’un enregistrement, avec l’accord de mes interlocuteurs). Chaque interlocuteur doit être clairement identifié et identifiable au moment de la rédaction : nom, prénom, âge, profession ou titre, mais aussi couleur des yeux et chevelure, traits physiques caractéristiques, attitude générale…


Des bruits, des couleurs, des odeurs

Le reportage donne à voir, entendre et ressentir au lecteur ce que le journaliste a lui-même vu, entendu et ressenti. Tous les sens doivent donc être placés en alerte. Il s’agit de mémoriser les données sensorielles pertinentes au moment de la rédaction. Bruits, cris d’enfants ou chants d’oiseaux, couleurs et nuances, odeurs et parfums, températures intérieure ou extérieure, confèrent du relief au récit et donnent au lecteur l’impression d’y être.

Reporter, c’est raconter les gens, la vie des gens, mais aussi le cadre de vie des gens. Il est essentiel de prendre en note tous les détails nécessaires pour les décrire avec justesse au moment de la rédaction : éléments géographiques, architecturaux, métérologiques…


Un fil conducteur

Un (bon) reportage repose sur un fil conducteur solide, tendu entre une accroche («Passée la taille minutieuse des légumes, dresser une macédoine peut paraître simple.») et une (bonne) chute, parfois en regard (« Rien ne se perd, tout se transforme, comme les légumes en macédoine.»).

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