lexique

L’assassin court toujours et autres tics langagiers

002890131« L’assassin court toujours », « une opération escargot », « la guerre des chefs », « un appel d’air », « une signature vocale », « on n’est pas chez les Bisounours » : autant d’expressions qu’on entend à longueur de journée à la radio ou à la télévision sans vraiment y prêter attention.

Dans son nouveau livre, l’assassin court toujours et autres expressions insoutenables (éd. Le Seuil), Frédéric Pommier les piste, les triture, pour mieux révéler ce qu’elles ont d’absurde et de drôle. Chaque formule devient l’objet d’une chronique qui démontre combien les tics langagiers ont envahi le discours médiatique. Frédéric Pommier analyse ces formules pour montrer combien elles sont vides de sens.

Journaliste à France Inter depuis 2001, Frédéric Pommier a présenté les journaux, puis couvert l’actualité politique avant de se voir confier la revue de presse. Il est à l’antenne cette saison à 7h57, du lundi au vendredi, avec L’éphéméride de Frédéric Pommier, ainsi que le mardi à 9h20, avec son billet Le gimmick dans l’émission « Comme on nous parle ».

Journaliste par définition

Journalistes et rédacteurs à Radio-Canada/CBC à Montréal en 1944.

Journalistes et rédacteurs à Radio-Canada/CBC à Montréal en 1944.

Qu’est-ce qu’un journaliste ? Ce métier recouvre plusieurs réalités. En donner une définition n’est pas aisée.

Pour le CNRTL, un journaliste est une « personne dont le métier est d’écrire dans un ou plusieurs journaux ». D’après le Littré, il « fait, rédige un journal, travaille, comme rédacteur, à un journal ».

Selon le Code du Travail (Articles L7111-3, L7111-4 et L7112-1), « est journaliste professionnel toute personne qui a pour activité principale, régulière et rétribuée l’exercice de sa profession dans une ou plusieurs entreprises de presse, publications quotidiennes et périodiques ou agences de presse et qui en tire le principal de ses ressources ».

La convention collective des journalistes précise quant à elle, en reprenant les termes de l’ancien article L. 761-2 du code du travail et ceux de l’article 93 de la loi du 29 juillet 1982 (abrogé), que : « Le journaliste professionnel est celui qui a pour occupation principale, régulière et rétribuée, l’exercice de sa profession dans une ou plusieurs publications quotidiennes ou périodiques, ou dans une ou plusieurs agences de presse ou dans une ou plusieurs entreprises de communication audiovisuelle et qui en tire le principal de ses ressources ».

Il est pourtant difficile de définir le journaliste professionnel, comme le rélève Vianney Féraud, avocat au barreau de Paris. « Il n’existe ni diplôme ni démarche permettant de prétendre assurément à cette qualité. Certains cursus sont « reconnus » par la profession, mais la possession d’un « diplôme reconnu » est sans effet lorsqu’il s’agit de rechercher si une personne est ou non journaliste professionnel. »

Il ajoute : « On peut en effet être journaliste professionnel ou assimilé sans détenir le moindre diplôme et, évidemment, être titulaire d’un diplôme, même reconnu par la profession, sans être journaliste professionnel. »

Selon lui, la détention de la carte de presse, bien qu’officiellement intitulée « carte d’identité professionnelle » et qui selon les termes de l’article R7111-1 du Code du travail « ne peut être délivrée qu’aux personnes qui (…) sont journalistes professionnels ou sont assimilées à des journalistes professionnels », ne suffit pas non plus pour prétendre être un journaliste professionnel. En réalité, conclut-il, « journaliste professionnel est moins une profession qu’un statut ».